L’optimisme, ça se travaille !

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L’optimisme, ça se travaille !

Les Français sont connus pour être de vrais grincheux. Dommage, quand on sait que l’optimisme présente de nombreux avantages, tant individuels que collectifs. Mais, bonne nouvelle : on peut choisir d’être optimiste ! Pas en affichant un sourire béat, mais en reprogrammant son analyse des situations. Un petit pas de côté pour un grand mieux. 

Faites le test : posez à l’un de vos collègues, sur un ton anodin, la question : « Et toi, comment ça va ? » Statistiquement, vous devriez avoir comme réponse un « pas trop bien », suivi d’une plainte sur, au hasard, la météo, les trains qui n’arrivent pas à l’heure ou encore le contexte politique. Si ce n’est pas tout à la fois… Les Français sont ainsi : grincheux et pessimistes. Nous sommes même réputés pour être les plus pessimistes d’Europe. Ainsi, en 2013, 86 % de nos concitoyens estimaient(1) que la vie de leurs enfants allait être pire que la leur, soit 30 % de plus que les Espagnols, à l’époque en plein marasme économique. Et, en 2015, sur le traditionnel baromètre international de la confiance en l’avenir(2), la France était, juste derrière l’Italie, le pays dans lequel on trouvait le moins d’optimistes. Des records ! Évidemment, il faut creuser derrière ces chiffres et ne pas caricaturer. Selon les analystes et sociologues, nous réserverions notre optimisme à la sphère privée et nous nous afficherions pessimistes par solidarité avec ceux que l’on estimerait mal lotis.

Les vertus de l’optimisme 

Mais, qu’il soit sincèrement ressenti ou de façade, le pessimisme n’est pas un choix gagnant et on aurait tout intérêt à faire preuve d’optimisme. Tout d’abord, « une personne optimiste récupère mieux en cas de maladie et résiste mieux au stress, c’est scientifiquement prouvé », souligne Alain Braconnier, médecin psychiatre et psychanalyste(3). « L’optimiste a souvent une vie relationnelle épanouie car on a envie d’être avec lui, alors que le pessimiste peut susciter le rejet », ajoute Jean-Philippe Ackermann, ancien dirigeant, aujourd’hui formateur et conférencier(4). « On reconnaît l’optimiste à son sourire et à sa personnalité extravertie, c’est un communicant », confirme Alain Braconnier.

Choisir et non subir

Pour se mettre dans la peau d’un optimiste, Jean-Philippe Ackermann propose de revisiter l’image bien connue du « verre à moitié vide ou à moitié plein ». « En fait, contrairement à ce que l’on croit, l’optimiste et le pessimiste voient tous les deux la même chose, la différence est dans l’analyse de situation. » Face à une difficulté, l’optimiste sera en recherche de solutions. Bousculé par un changement, il se montrera réactif car il l’abordera comme une opportunité. Alain Braconnier confirme : « l’optimisme propose une autre grille d’analyse. Il va s’en tenir aux faits, rayer les “c’est toujours comme ça” et les “jamais”, ces généralités qui tirent vers le bas ». Une posture qui n’est pas une invitation à un optimisme béat ou à la pensée magique du « tout va bien se passer ». Il s’agit plutôt d’analyser, de refuser le déni et le ressassement, et d’être dans l’action. Jean-Philippe Ackermann précise : « L’optimisme est une forme de courage car nous sommes naturellement enclins au pessimisme. Sur les 60 000 pensées que nous avons en moyenne par jour, 40 000 sont négatives ». La bonne nouvelle – et c’est important pour les pessimistes que nous sommes ! – on peut choisir d’être optimiste, et même l’être efficacement.

“L’optimiste et le pessimiste voient tous les deux la même chose, la différence est dans l’analyse de situation .” J.Philippe Ackerman.

Le choix de l’optimisme peut se ressentir à titre individuel comme pour les résultats de toute l’équipe, que l’on soit ou pas dans une position d’encadrement. « Si je suis, par exemple, un responsable de service et que j’arrive au travail le matin avec le sourire, que je salue avec une poignée franche, alors je vais transmettre de la confiance et donner envie à mon équipe de se mobiliser », explique Jean-Philippe Ackermann. « Pour des soignants, il est d’autant plus important de cultiver son optimisme, remarque Alain Braconnier, car il est difficile de prendre en charge la souffrance des autres si l’on est très absorbé par ses pensées négatives. » Bien entendu, pour parvenir à développer ce bel élan au travail, il faut au préalable disposer de conditions de travail satisfaisantes.   

 

(1) Étude réalisée par Pew Research Center, 2013.

(2) Réalisée par l’association internationale WIN.

(3) Auteur de Optimiste, Odile Jacob, 2013.

(4) www.jeanphilippe-ackermann.fr

 

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6 clés pour cultiver son optimisme au quotidien

• Cessez de ruminer le passé. Ce qui ne veut pas dire l’oublier : pensez au passé en analysant les faits et en élaborant ce que vous pourriez faire si une situation délicate se présentait à nouveau afin d’obtenir une fin différente.

• Abordez l’avenir en contrebalançant l’angoisse par l’anticipation positive. On peut se projeter dans des situations agréables en imaginant comment être acteur de sa réussite. 

• Connaissez-vous mieux. En étant conscient de ses points forts et en les cultivant, on les mobilise plus facilement le moment venu.

• Apprenez à savourer vos succès, même minimes.

• Entourez-vous de personnes que vous considérez comme optimistes. L’optimisme se communique et galvanise.

• Tentez de limiter vos pensées négatives, comme « je suis nul » ou « ce n’est pas pour moi ». Sport, atelier créatif, méditation… Il y a forcément une activité faite pour vous.