Delphine Lambour, infirmière au CH de Lorquin (Moselle)

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Delphine Lambour, infirmière au CH de Lorquin (Moselle)

 « Une chaîne de solidarité pour fabriquer des visières anti-projections »

 

En s'appuyant sur les réseaux sociaux et sur l'élan de solidarité né pendant la crise liée au Covid-19, Delphine Lambour, infirmière au CH de Lorquin (Moselle), a constitué un réseau de « makers » afin de fabriquer des visières anti-projections.

 

Comme de nombreuses initiatives solidaires qui ont fleuri pendant la crise sanitaire, la démarche de Delphine Lambour, 38 ans, infirmière au CH de Lorquin, un hôpital psychiatrique, a démarré par un simple message sur Facebook. « Je consulte régulièrement le compte Facebook de l'Ehpad où réside la grand-mère de mon mari. Le 26 mars dernier, je remarque le post d'une soignante de l'établissement qui lance un appel aux dons de visières anti-projections, raconte-t-elle. Or, il se trouve que mon mari dispose d'une imprimante 3D, fort utile pour fabriquer ce type d'objet ! » Ces visières ne répondent pas aux mêmes normes que les visières de protection et sont à porter en plus du masque.

 

Plus de 3 700 visières

 

Ni une, ni deux, l'atelier de fabrication des Lambour est ouvert. Une fois livrées les premières visières à l'Ehpad et ayant calculé que son mari pouvait fabriquer, avec son aide, 6 visières en 2 heures 20, Delphine Lambour comprend qu'ils auront beaucoup de mal à répondre à une demande locale croissante. Elle lance donc à son tour un appel sur les réseaux sociaux pour recruter des « makers » (de l'anglais make, lit. « faiseur ») dans le secteur de Sarrebourg, un appel qui sera relayé par une radio et la presse locale. Très vite, un réseau d'une quinzaine de volontaires se forme. Et la chaîne de solidarité n'a cessé de s'agrandir : une enseigne spécialisée dans les fournitures de bureau offre 1 500 feuilles de PVC (matériau plastique), des particuliers et des mairies ont mis en place des points de collecte pour récupérer les élastiques nécessaires à la fabrication, l'Éducation nationale a autorisé des professeurs à utiliser à leur domicile les imprimantes 3D des établissements et ils ont ainsi rejoint le réseau… « Depuis fin mars, nous avons remis gratuitement 3 700 visières aux professionnels en première ligne sur le terrain, qu'il s'agisse de soignants ou de caissières, tout en en faisant quelques exceptions, par exemple pour des enfants en situation de handicap qui ne supportent pas le port du masque. Nous avons également confectionné des "extenders", ce petit accessoire qui permet de soulager les oreilles de la tension des élastiques des masques », précise Delphine Lambour.

Aujourd'hui, l'infirmière envisage de continuer à fabriquer des visières « jusqu'à épuisement des matières premières », qui, par ailleurs, ont été choisies avec soin pour leur caractère recyclable, mais aspire néanmoins à un peu de repos. « J'ai cumulé mon poste à l'hôpital avec la fabrication des visières, sans oublier le temps consacré à notre petit garçon. Le rythme a été plus qu'intense. » Elle a acquis de cette expérience la certitude que « les Français, en temps de crise, peuvent se montrer extrêmement solidaires ». Elle tient aussi à saluer les patients de l'hôpital qui, « eux aussi, ont résisté pendant cette période très complexe ».

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