Fabrice Gendre, coursier-sang le jour, sculpteur la nuit

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Fabrice Gendre, coursier-sang le jour, sculpteur la nuit

Fabrice Gendre, coursier-sang à Cannes le jour, sculpteur la nuit

Fabrice Gendre travaille à l’hôpital de Cannes depuis plus de vingt ans. Après avoir exercé longtemps comme brancardier, il est aujourd’hui « coursier sang ». Et lorsqu’il rentre chez lui, Fabrice Gendre sculpte. Un hobby qu’il a découvert par hasard, et qui, au fil du temps, est devenu une véritable passion.

 

« J’ai commencé comme brancardier, mais j’ai dû m’arrêter pour des problèmes de dos », raconte Fabrice. Son quotidien de « coursier sang », c’est de faire le lien entre les services et avec l’Établissement français du sang, tout proche. Mais une fois rentré chez lui, Fabrice change complètement de casquette. Il devient sculpteur. Depuis cinq ans, chaque jour ou presque, en fonction des périodes de travail, il malaxe la terre, donne forme, rectifie, observe son œuvre en cours. Et chaque jour cet exercice lui plaît un peu plus. « C’est un exutoire, analyse-t-il. Quand j’étais brancardier, j’ai travaillé aux urgences et j’ai vu beaucoup de choses. Sculpter, cela m’ouvre l’esprit. » Son univers ? L’irréel. « J’aime donner forme à des créatures fantastiques : la première fois que j’ai sculpté, j’ai fait un alien », glisse-t-il, en se remémorant ses débuts. C’est une visite au musée d’Arles, où il reste perplexe devant l’esthétique de sculptures de l’époque antique, qui sera le déclencheur. « J’ai commencé à travailler la terre peu de temps après, et alors que je n’avais jamais sculpté quoi que ce soit, c’était comme si j’avais toujours fait cela. Cela a été une véritable révélation ! »

« Je n’ai jamais pris un seul cours de sculpture »

Depuis, Fabrice ne s’est pas arrêté. « J’ai commencé par des personnages de manga et de cinéma, puis j’ai évolué vers des œuvres plus personnelles. » On lui demande souvent s’il s’est formé. Et sa réponse est toujours la même. « Je n’ai jamais pris un seul cours de sculpture, je tente, j’expérimente. J’ai fait en sorte d’apprendre en regardant des modèles : cela a été comme tout dans ma vie, je me suis uniquement formé par moi-même. »

Depuis qu’il est enfant, Fabrice se passionne pour le dessin et pour l’irréel. L’esprit de ses sculptures, il le sait, peut étonner. « On croit que je suis un peu torturé, mais ça n’est pas très grave ! » sourit-il. Il revendique sa part d’ombre, mais comme tout le monde, pas plus. « Je suis bien entendu marqué par ce que j’ai vu dans mon travail aux urgences, mais les créatures que je représente sont nourries de plein d’autres choses. Quand je sculpte, je tente de retranscrire un sentiment ou une émotion, c’est ce que permet la sculpture, ce qui la rend intéressante », explique-t-il. Depuis quelque temps, Fabrice Gendre se passionne de plus en plus pour la technique et le détail. Il passe son temps à tout observer, à l’hôpital, dans la rue… Et il enregistre chaque détail. Son univers, lui, évolue, et devient plus coloré. « Il fallait peut-être en passer par une période un peu sombre pour aboutir à autre chose, je commence seulement à découvrir tous les possibles de cet art… ».

 

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