Oria, médiatrice : « On n’arrivera à tenir qu'ensemble »

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Portrait

Photo Claire Delfino pour Les jours

Oria, médiatrice : « On n’arrivera à tenir qu'ensemble »

« On n’arrivera à tenir qu'ensemble » 

Médiatrice au service des urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Oria Mezoughi raconte son quotidien professionnel bouleversé par le Covid-19.

Déjà habituée à être un peu partout à la fois en tant que médiatrice, Oria Mezoughi a vu ses tâches se diversifier encore davantage avec la gestion du Covid-19 en milieu hospitalier. « J'ai été affectée au pré-tri des personnes qui arrivent à l'hôpital. Je les oriente selon les informations qu'elles me donnent et je prends les constantes (tension, température, pouls) afin de faciliter leur prise en charge », explique-t-elle. Oria Mezoughi est aussi en première ligne face aux familles, très inquiètes, qui, même s’il est déconseillé de se présenter aux urgences pour ce motif, tentent d'obtenir des informations sur l'état de santé de leur proche hospitalisé, les visites étant interdites. « Je donne les numéros de téléphone des services concernés afin de les aider à prendre des nouvelles », précise-t-elle.

En plus de cette présence au pré-tri, la médiatrice vient compléter l'équipe des soignants selon les besoins, « pour désinfecter un bloc ou aider à un déshabillage ». Elle arrive à assurer ces missions très diverses en s'appuyant sur sa double expérience, d'aide-soignante pendant près de trente ans puis, plus récemment, de médiatrice. Elle a « vite retrouvé » ses réflexes de soignante, et sa pratique de la médiation l'aide à faire baisser la tension, à son maximum en cette période de crise, à garder elle-même patience tout en sachant exactement qui fait quoi dans l'établissement. En temps normal, elle se définit comme « un électron libre qui passe de l’un à l’autre, le regard et les oreilles de collègues qui sont la tête dans le guidon en continu ».

Comment parvenir à résister dans cette période éprouvante ?

Au premier poste d'observation, elle remarque que le message est bien passé auprès de la population, avec moins de personnes qui viennent engorger les urgences pour de la simple bobologie. « Il y a toujours des personnes qui se présentent sans avoir les symptômes du Covid-19 mais elles ont néanmoins besoin d'explications et d'écoute quand, par exemple, elles ne comprennent pas le français ou parce qu'elles sont très anxieuses », relève-t-elle.

Comment la professionnelle parvient-elle à résister dans cette période éprouvante avec des journées hyperactives de 8 heures à 20 heures ? « C'est grâce à l'équipe ! répond-elle sans hésiter. Je tiens pour mes collègues et je sais qu'ils tiennent pour moi. Nous savons que nous n'arriverons à résister qu'en restant unis. Nous faisons tous preuve du maximum de rigueur pour limiter le risque d'être contaminés car, si nous tombons malades, qui s'occupera des patients ? »

Une fois rentrée chez elle, Oria Mezoughi reste joignable « au cas où un collègue aurait besoin d'un renseignement ». Elle fait le point sur l'actualité de l'épidémie tout en évitant d'absorber trop d'informations anxiogènes. « C'est un jour après l'autre, on s'adapte à l'évolution de la crise. Je vais à l'hôpital pour “faire le job”, c'est tout ce qui compte », conclut-elle.

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