Une journée avec Abdelhakim, infirmier en unité Covid-19

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Une journée avec Abdelhakim, infirmier en unité Covid-19

Une journée avec Abdelhakim, infirmier en unité Covid-19 à Marseille

Abdelhakim Kebbal est infirmier au bloc opératoire à l’hôpital de la Conception, à Marseille. Depuis la fin du mois de mars, il exerce en unité Covid-19, au sein du même hôpital.

Infirmier depuis juillet 2019, Abdelhakim Kebbal arrive à l’hôpital de la Conception à fin février 2020, au bloc opératoire. Très vite, l’activité se ralentit, car les opérations non urgentes sont annulées. En parallèle, plusieurs unités Covid-19 s’installent au sixième étage de l’établissement. « Ma responsable m’a d’abord proposé d’accompagner une infirmière de l’une de ces unités pour en observer le fonctionnement, raconte l’infirmier de 31 ans. J’ai ensuite été intégré à l’équipe de jour. »

« Avec les protections, on étouffe »

L’unité Covid-19 où travaille Abdelhakim compte entre 20 et 25 patients, âgés de 30 à 90 ans. Chaque binôme infirmier/aide-soignant s’occupe de 8 patients. La principale différence avec un service classique ? C’est le matériel de protection disposé en quantité devant chaque chambre. Surblouse, tablier, double paire de gants, charlotte, masque de protection : chaque soignant s’équipe avant de rentrer. « Il fait déjà chaud dans le service mais avec les protections, on étouffe vite. C’est épuisant », raconte l’infirmier. D’autant que le temps passé dans chaque chambre est rallongé. « On met plus de temps à prendre les constantes des patients, le bilan est plus précis, plus complet. » Pour économiser les protections, certains traitements ou injections sont administrés en même temps que la relève des constantes.

Pas de retour chez soi le soir

Pour ne pas rompre les règles d’asepsie, la vigilance est constante. « Les journées durent 12 heures et il ne faut jamais relâcher l’attention », confirme Abdelhakim. Et puis il y a la crainte de se faire contaminer…« Heureusement, l’ambiance est bonne dans l’équipe, il y a une vraie solidarité entre tous les soignants. »

À 19 heures, lorsque la journée se termine, Abdelhakim ne rentre pas chez lui, auprès de sa femme et de ses trois enfants. « L’une de mes filles est très asthmatique, il est hors de question de lui faire courir le moindre risque. Les premières nuits, j’ai dormi à l’hôtel Mistral, qui offrait généreusement des nuits pour le personnel soignant. Maintenant je me débrouille. » Abdelhakim ne rentrera chez lui que lorsque son travail en unité Covid-19 sera terminé, et qu’il sera certain de ne pas être atteint par le virus. Il parle avec ses enfants et sa femme par écrans interposés. « Ce n’est pas évident d’être loin d’eux, mais je n’imagine pas rester chez moi. On ne fait pas ce métier par hasard, c’est une vocation. C’est aujourd’hui que l’on a besoin de moi, je ne vais pas lâcher. »

 

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